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L’immersion : une stratégie pour le bilinguisme et Le point de vue de Claude Hagège, linguiste

novembre 4, 2010

Le point de vue de Claude Hagège, linguiste

sur le site de Diwan Roazhon ici

extrait :

Le breton avant l’anglais
Alors pourquoi le breton et non l’anglais, alors que l’anglais est une langue que nos enfants doivent apprendre rapidement ? Pour un francophone, l’anglais est une langue facile : le type d’anglais qu’il utilise, le volume de connaissances requises pour l’apprendre (c’est à dire pas grand chose) font qu’il n’y a aucune raison de se précipiter sur l’anglais.
Comme l’anglais n’a pas par ici de sources culturelles locales comme en a le breton, je vois de moins en moins l’intérêt de se plonger dans la langue anglaise lorsqu’on a la chance d’appartenir à une région de la France qui parle une langue régionale.
En d’autres termes, si l’on admet que l’anglais, par le type de connaissances qu’on en attend, et par la proximité typologique, génétique qui le lie au français est une langue qu’un jour ou l’autre l’enfant francophone, selon l’usage qu’il en fera, apprendra il n’y a pas lieu de se hâter. En sorte que le breton ayant une justification bien plus profonde, bien plus enracinée dans la culture locale, si j’étais breton, il ne fait aucun doute que je choisirais de faire apprendre le breton à mes enfants.
Toutes ces raisons font que le bilinguisme breton-français me paraît particulièrement défendable ici, sans compter les avantages que j’ai mentionnés pour un enfant qui commence très tôt son immersion dans une grande et belle langue celtique.

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un texte traitant de la pedagogie immersive sur le site de Diwan Roazhon ici

extrait :

Les avantages du bilinguisme

Éducation
Sur le plan éducatif, le bilinguisme apporte de nombreux avantages. Le plus évident est sans doute la compétence nouvelle qu’il confère à l’individu utilisant en alternance et de façon naturelle deux systèmes linguistiques. Cette compétence en ouvre d’ailleurs à d’autres puisque l’on sait que le fait de posséder de façon efficace deux systèmes de communication permet d’en apprendre un troisième puis un quatrième avec bien plus d’aisance que lorsqu’on ne possède qu’une langue au départ.

Culture et identité

Sur le plan culturel aussi le bilinguisme offre des avantages puisqu’en plus du fait de donner à l’individu la connaissance et la maîtrise de sa propre langue, de sa propre culture, renforçant ainsi son sentiment d’appartenance à une communauté, élément indispensable à son équilibre, elle lui donne aussi accès à une autre langue, une autre culture. Tout ce qui contribue à l’enrichissement culturel de l’individu bénéficie à la communauté toute entière.

Société
La société aussi tire donc bénéfice d’une éducation bilingue. Le citoyen habitué au maniement de deux langues, habitué aux différences culturelles sera plus volontiers ouvert aux autres et à leur particularité. Il sera plus volontiers tolérant et apte à comprendre et respecter la différence de l’autre. Bien des attitudes négatives naissent de la crainte suscitée par celui qui est différent, étranger et de l’incompréhension.

Économie
Les économies régionales et nationales, enfin, gagneraient sans doute à produire des citoyens bilingues, aptes à devenir rapidement plurilingues. Chaque pays, chaque région doit aujourd’hui vendre de plus en plus au-delà de ses frontières. Les entreprises sont donc appelées à devenir toujours plus compétentes en matière de communication. La connaissance de l’autre est un facteur essentiel dans les relations que l’on a avec lui.
Le breton peut même créer des emplois en Bretagne. L’enseignement bilingue, le tourisme culturel, l’audiovisuel et l’édition en breton sont des secteurs en pleine expansion. Ils offrent déjà plus d’emplois qu’il n’y a de personnes formées.

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